« Le niveau d’encre est bas » : qui n’a pas déjà vu ces mots s’afficher sur son écran en voulant imprimer un document ? On la change, et c’est reparti pour une ramette de papier. Mais que deviennent les cartouches une fois vides ? Voici les joyeuses réponses…

Recyclage en entreprise - Collecte Recyclage Toners Cartouches

Cartouche d’imprimante : un cycle de vie court

Malgré une dématérialisation en hausse des activités professionnelles, les entreprises impriment encore beaucoup : en moyenne une vingtaine de pages par salarié de bureau par jour. Ces impressions nécessitent beaucoup d’encre, et la consommation française s’élève à environ 11 millions de toners laser et 70 millions de cartouches à jet d’encre par an.

Sachant qu’une cartouche d’encre noire permet d’imprimer autour de 250 pages de texte, on se rend bien compte de la consommation énorme que cela implique au bureau ! Une cartouche a par conséquent une durée de vie moyenne très courte en comparaison de la quantité de matières nécessaires à sa fabrication.

Dans une seule cartouche, ce sont plusieurs composants toxiques pour l’environnement qui se côtoient. Leur couche externe est en général composée de plastique non biodégradable. Ensuite, à l’intérieur, se trouvent arsenic, nitrate d’argent, oxydes de fer… justifiant que ce type de déchets soit considéré comme des DIS (Déchets Industriels Spéciaux). Bref, un cocktail de substances extrêmement toxiques, qui doivent donc éviter de se retrouver dans des décharges à ciel ouvert ou en enfouissement !

Un plein d’encre, et ça repart

La plupart des cartouches et toners peuvent être réutilisés, en étant tout simplement à nouveau remplies d’encre et remises sur le marché. Beaucoup de fabricants ont leur propre programme de collecte et de reconditionnement, mais ce n’est pas le cas pour toutes les marques. A cet effet, des points de collecte sont mis en place par les éco-organismes dans des supermarchés ou lieux publics. Chaque cartouche peut être remplie et remise en vente environ 5 fois avant d’être revalorisée dans une autre filière. Certains constructeurs sont même prêts à payer quelques euros pour chaque cartouche vidée collectée, il serait donc dommage de les jeter !

Une fois au centre de tri, les cartouches qui peuvent être remplies de nouveau sont vérifiées et nettoyées individuellement après désassemblage. Une fois vérifiées, on remplace les pièces défectueuses et on ré-assemble les cartouches de manière à pouvoir les remplir et pressuriser de nouveau.

Ou un recyclage complet pour les cartouches en fin de vie

Si les cartouches sont en mauvais état ou au bout de leur cycle de réemploi, il faut donc quand même ne pas les jeter avec les autres déchets pour éviter les risques de contamination abordés en première partie. Les matériaux contenus dedans sont susceptibles d’être identifiés, isolés et utilisés pour d’autres applications.

Le processus est donc similaire à celui d’autres déchets : après démantèlement, on isole ce qui peut l’être (métaux, plastique, encre, etc), et le reste est broyé. Après broyage, plusieurs procédés sont utilisés (notamment avec utilisation de courants magnétiques pour les métaux) pour séparer les différentes matières et les réutiliser pour produire d’autres produits. On récupère notamment de l’inox, de l’acier, de l’aluminium ou bien du cuivre, qui serviront à fabriquer canettes, tubes ou des fils électriques. Le plastique, lui, sera renvoyé en usine pour produire divers produits ou… d’autres cartouches !