Le Ghana produit en moyenne 22 000 tonnes de déchets plastique par an, dont seulement 5% sont aujourd’hui recyclés. Tout le reste finit généralement dans des sites d’enfouissement et coûte très cher au gouvernement. Parfois ces déchets finissent également directement dans la rue. Mais un ingénieur a eu une idée de génie pour les réutiliser…

Recyclage entreprise - plastique Ghana 2

Des pavés en plastique recyclé

Que faire des milliers de tonnes de plastiques qui envahissent la planète ? Au Ghana, l’ingénieur Nelson Boateng a mis au point une forme d’asphalte fabriqué à partir de sacs en plastique recyclés. Cet asphalte sert par la suite à fabriquer des pavés pour les routes et les trottoirs.

Contrairement à ses voisins, le Bénin, le Rwanda ou le Kenya, le Ghana n’a encore jamais mis en place d’actions contraignantes visant à limiter la pollution plastique. Depuis plusieurs années Nelson Boateng mène donc ses propres recherches afin de répondre au problème de la pollution dans son pays. En 2017 il met au point un outil pour broyer les plastiques et les recycler. Il mène ses premiers tests avec 2000 kg de déchets plastique récupérés dans son quartier.

Les sacs plastiques sont d’abord déchiquetés, puis mélangés et chauffés dans un gros tambour métallique avec du sable afin de créer l’asphalte.  L’asphalte que produit sa société à partir de plastique broyé (à 70%) et de sable (à 30%) s’avère très solide et permet de construire routes et trottoirs. Selon Nelson Boateng les dalles obtenues à partir de ce nouveau matériau sont plus résistantes et solides que du ciment.

La société Nalphast Ghana Ltd est encore en phase de test à ce jour, et a une capacité de production plutôt limitée. Le chef des opérations estime que « pour l’instant nous sommes capables de produire 200 blocs par jour à partir de 2 tonnes de matière première ».

Cependant Boateng espère recevoir davantage de soutien de la part du ministère de l’Environnement du Ghana. Par ailleurs les pavés ont récemment été utilisé dans la capitale du pays afin de rénover certaines rues. Ces pavés sont d’ailleurs très intéressant économique car facturé 1 dollar lorsque des pavés classiques valent 1.50 dollars. Boateng espère que le pays atteindra à terme 50% de recyclage de ses déchets plastique, garantissant ainsi des emplois aux jeunes Ghanéens.

La résistance aux déchets plastique s’organise au Ghana

En 2018 l’ONG Plastic Punch, à l’occasion du World Clean up Day, avait mobilisé des centaines de bénévoles afin de nettoyer les zones naturelles et urbaines des déchets. En une journée les bénévoles avaient récolté l’équivalent de deux camions remorques.

Les déchets ont par la suite été vendus à l’entreprise Nalphast Ghana Ltd pour être revalorisés en routes. Chaque kilo de déchet vendu a rapporté 50 centimes de cédis ghanéens aux entreprises partenaires de l’ONG.

Pour le moment seule l’action des ONG locales et des entreprises de recyclage ont un impact sur la gestion des déchets dans le pays. En effet le gouvernement reste encore très à la traîne concernant la question du recyclage. En Juin le ministère de l’environnement justifiait cette absence : « On dit que certains pays africains ont interdit le plastique et qu’au Ghana, nous devrions faire de même. Mais à cause des activités minières illégales, nos rivières sont polluées, et la population compte sur les sachets et bouteilles plastiques pour boire ! »

Bien que le pari ne soit pas encore gagné, l’action locale des ONG et des entreprises laisse entrevoir des perspectives positives en matière d’écologie dans le pays.