S’il est bien un domaine où l’écologie n’avait pas encore fait suffisamment parler d’elle, c’est bien le football. Pourtant, les deux concepts présentent de nombreux points en commun, notamment des communautés soudées ainsi que l’avantage de rendre possible le partage entre générations et classes sociales hétéroclites. Depuis 2018, l’alliance entre ces deux mondes s’est encore resserrée, avec des marques d’engagement du côté du milieu du football…

Idées vertes - Recyclage déchets stade développement durable football

De l’écologie sur le gazon, l’exemple du Bétis Séville

Fin Mars, la direction de l’équipe du Bétis Séville a annoncé dans un communiqué officiel la volonté du club de parvenir à la neutralité carbone. Désireux d’utiliser le sport le plus populaire au monde comme un véritable vecteur de transformation, le club blanc et vert va travailler sur plusieurs axes de réduction de ses émissions : transport, éclairage du stade de l’équipe ou encore recyclage des déchets produits lors des matchs, les possibilités sont nombreuses pour rendre le club plus « propre ».

Concrètement, ces actions seraient notamment la mise en place de navettes électriques pour les déplacements de l’équipe ainsi que de ses supporters. Plus encore, le stade Benito Villamarín de Séville va d’ici un mois être alimenté en énergies renouvelables pour tout son éclairage. Le tri sélectif des déchets produits durant les matchs va également permettre d’améliorer le bilan carbone du club.

Au-delà du coup de communication sans doute recherché par cette mesure, le club espère que cette initiative va être suivie par les autres clubs de la Liga espagnole, et pourquoi pas des autres ligues de football européennes (bientôt peut-être le Paris SG et son Parc des Princes seront un exemple en matière de recyclage ! :)). Mais ce n’est pas une première mondiale, étant donné que des engagements similaires en faveur de l’environnement avaient été annoncés l’année dernière par un club d’EFL League Two (quatrième division anglaise).

Le football d’outre-Manche à la pointe de la transition écologique

En Angleterre, c’est le club des Forest Green Rovers qui a amorcé le mouvement mondial du football engagé en faveur de l’environnement, sans attendre la signature des accords de Paris, ni la Cop21 ! En effet, le club a été racheté en 2010 par l’entrepreneur Dale Vince, un personnage atypique. Cet homme d’affaire brillant est également un activiste écologiste convaincu, à tel point qu’il a lancé en 1995 une entreprise fournissant de l’énergie à des consommateurs particuliers, provenant exclusivement de sources renouvelables.

Au lancement, la « centrale électrique » de Dale Vince était constituée de la seule éolienne personnelle de cet entrepreneur ambitieux, qu’il utilisait lui-même pour alimenter en électricité le vieux camion de l’armée dans lequel il vivait, sur une colline à proximité de la ville de Stroud. Fin 2016, l’entreprise qu’il a créée disposait d’un parc d’éoliennes produisant 100 Mégawatts et alimentant en électricité plus de 200 000 foyers.

Toujours est-il que Dale Vince s’est mis en tête l’idée de se diversifier fin 2010, le conduisant à racheter le club local du Forest Green Rovers. Souhaitant que l’équipe soit une incarnation vivante de ses convictions, l’entrepreneur a entrepris une importante transformation, faisant du club le tout premier acteur écologique du football. Et il n’a pas fait les choses à moitié, avec une cohérence sans faille : l’intégralité de l’effectif de l’équipe est vegan, et la pelouse du stade local de New Lawn est entretenue avec du fertilisant naturel : la bouse de vache, devenant ainsi la première pelouse de foot bio de la planète.

Des solutions simples à adopter pour réconcilier football et environnement

Jamais satisfait de la performance environnementale de son club, Dale Vince a poussé l’expérience encore plus loin : le stade New Lawn est ainsi alimenté à 15% par les 180 panneaux solaires installés sur son toit. Autres innovations footballistiques au menu, un système permettant la collecte de l’eau de pluie et son utilisation pour l’arrosage de la pelouse, une structure de stade presque entièrement faite de bois ainsi qu’un robot tondeuse fonctionnant à l’énergie solaire font de ce lieu le stade le plus écologique au monde.

L’effort a même été poussé jusqu’à bannir tout aliment d’origine animale du stade. Aux stands à la mi-temps, les supporters peuvent ainsi déguster des plats végétariens, classés parmi les meilleurs du pays. Les mêmes supporters qui accueillent d’ailleurs cette étonnante mutation avec un mélange de soutien franc et d’amusement, enthousiastes de faire partie de cette aventure originale. Cerise sur le gâteau, les maillots du Forest Green Rovers FC ont récemment troqué leurs bandes noires contre des bandes vertes… Après toute cette série de changement, personne n’aura taxé cette décision de greenwashing !

Pari réussi donc pour cet entrepreneur audacieux et un brin farfelu, qui démontre par l’action directe que les mondes du football et de la lutte contre le réchauffement climatique sont parfaitement compatibles. En espérant que cela donne des idées à d’autres clubs très prochainement. Dans le contexte du plan Paris Circulaire 2020, peut-être cela serait-il une bonne piste d’action concrète pour auréoler le célèbre club du Paris-Saint-Germain de valeurs écologiques.