Un vent nouveau souffle sur l’agriculture urbaine : partis d’une idée utopique, les deux fondateurs de la startup Agricool se sont mis en tête de produire des fraises en ville dans des containers. Oui, vous avez bien lu : des containers, comme ceux que l’on peut trouver sur les gigantesques navires cargo !

Recyclage en entreprise - Fraises en conteneur

Des containers autonomes…

Les deux fondateurs d’Agricool sont fils d’agriculteurs. Un domaine qui les a toujours passionnés, mais qui était jusque récemment réservé à l’espace rural. C’était sans compter leur inventivité : les deux compères pensent alors à faire pousser des fruits dans des containers de cargo fermés. Produire des quantités similaires à l’agriculture traditionnelle dans un cube de 35m² ? Ca peut paraître impensable mais le secret tient dans la disposition des pousses : elles sont alignées à la verticale, les racines plantées dans des colonnes en PVC. Pas de terre, ni de pesticides et une consommation en eau réduite de 90%. Des lampes LED fabriquées dans les ateliers de l’entreprise servent de soleil artificiel pour permettre la croissance des fraisiers.

Les containers d’Agricool sont bardés de technologie : en effet, l’ambition de l’entreprise est de délivrer des espaces d’agriculture urbaine ne nécessitant que très peu d’entretien. N’importe qui, en suivant les instructions de culture, peut ainsi assurer l’entretien et la production agricole au sein du container.

…Aux assiettes des consommateurs

Produites de cette façon, les fraises sont disponibles en circuit-court, cueillies à maturité pour être vendues à quelques kilomètres du container. Après 4 ans d’expérimentation, l’entreprise obtient désormais de bons résultats en terme gustatif. Les fraises se rapprochent de celles qu’on pourrait cueillir à la campagne. Surtout, elles ont de meilleurs scores nutritionnels que les fraises de supermarché.

Le seul hic pour l’instant est leur prix : à environ 4€ la barquette de 250 grammes, il est comparable à celui des fraises bio. Un label auquel les fraises d’Agricool ne peuvent prétendre, étant cultivées sans terre et en milieu confiné. Leur prix devrait normalement baisser, avec l’amélioration des rendements et la multiplication des containers.

Les « cooltainers » voyagent

Actuellement, l’entreprise exploite six containers, pour un total de 7 tonnes de fraises par an. Cinq sont situés à Paris, répartis entre le siège d’Agricool à la Courneuve, le parc de Bercy et même sur des terrains appartenant à d’autres entreprises. Le dernier quant à lui se trouve à Dubaï, exemple emblématique de territoire qui pourrait avoir une forte demande en containers agricoles : comment obtenir des fraises en plein désert à part en ayant recours à cette méthode ?

L’ambition de la startup est d’ailleurs d’accélérer l’industrialisation de ses méthodes de travail, pour faire baisser le coût de fabrique et d’équipement de ses containers, et les rendre plus attractifs aux yeux de partenaires potentiels. Pour cela, elle a levé 25 millions d’euros en fin 2018. La méthode de culture Agricool se révélerait particulièrement rentable si elle arrivait à s’étendre à d’autres types de fruits ou légumes. Ce qui nécessiterait plus de R&D, donc des investissements plus importants.

Alors à quand un container à fraises dans l’entrepôt des Joyeux Recycleurs ? On se régale d’avance.