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Le recyclage dans notre beau métro, comment ça marche ?

Le site internet Terraeco nous éclaire sur son fonctionnement...

Chaque jour, des centaines de kilos de déchets recyclables sont jetés dans les poubelles jaunes du métro parisien. Mais ces détritus ne seront jamais ni triés ni recyclés. Car, chaque jour, les services de collecte des déchets mélangent le contenu de ces poubelles jaunes avec celui des poubelles métalliques classiques, et le tout part à la décharge.

 

L’aberration dure depuis 2006, date à laquelle ces poubelles de tri ont fait leur apparition sur les quais. Cinq ans plus tard, la RATP n’a toujours pas trouvé le moyen de faire recycler ses déchets. Sur les 10 000 tonnes d’ordures produites sur le réseau RATP en 2010, seules 350 tonnes ont été valorisées.

 

A peine 3,5%. Un chiffre à comparer au très riche « potentiel » de ces déchets : en 2008, une étude a montré que 50% à 60% des ordures de la RATP étaient valorisables. Et cette part a encore augmenté aujourd’hui, avec la diffusion des journaux gratuits.

 

Alors pourquoi ces poubelles jaunes ne sont-elles pas triées ? « Parce que la quantité de déchets recyclables produite dans chaque station est énorme », se justifie la RATP. « Or les stations sont très anciennes et nous n’avons que des espaces de stockage limités.

 

La vitesse d’accumulation des déchets est donc plus rapide que le rythme de la collecte municipale, qui ne passe que deux fois par semaine. » Incapable de stocker le recyclable, la RATP jette toutes ses ordures à la décharge.

 

Seule exception : la ligne 14 du métro. Plus récente, et plus équipée, on y stocke les déchets recyclables qui sont bien triés. Pour le RER, les stations de Bourg-la-Reine et Chessy sont les seules collectées.

 

Ce dysfonctionnement est-il la faute des services municipaux, pas assez réguliers ? A la Mairie de Paris, on n’est pas du même avis. « Comme chaque entreprise, la RATP est responsable de ses déchets. Les collectivités locales n’ont pas l’obligation de les collecter, mais sont seulement tenues de proposer une offre de collecte payante aux entreprises », rappelle Thierry Arnaud, chef de la mission collectes au service technique de la propreté de Paris. « Notre offre est de qualité puisque nous proposons deux collectes de déchets recyclables par semaine, une fréquence rare en France. Nous ne pouvons tout simplement pas proposer une offre sur mesure à la RATP avec un passage chaque jour dans chacune de leur station, car le coût serait prohibitif. » Hors de question d’imaginer une collecte quotidienne, le problème semble insoluble.

 

Pourquoi alors la RATP laisse-t-elle ces poubelles jaunes sur les quais, au risque de semer le trouble ? Et pourquoi continue-t-elle à communiquer sur le tri, en appelant au civisme, ou en créant une « Allée du recyclage » dans une station en plein centre de Paris ? « C’est un élément pédagogique qui doit préparer l’usager à trier ses déchets le temps de trouver une solution », assure le transporteur.

Sauf que l’usager nage en plein dilemme. S’il veut convaincre la RATP qu’il sait recycler, il doit jeter son journal dans la poubelle jaune. Mais s’il veut que son journal soit vraiment recyclé, il devra faire un changement pour prendre la ligne 14 ou le jeter une fois rentré chez lui.

 

La RATP a d’ailleurs été réprimandée en octobre par la Cour régionale des comptes pour ces poubelles de tri non triées. « Il lui appartient de trouver les moyens de permettre le recyclage, en recourant si besoin aux services d’un prestataire privé », préconise ce rapport.

 

La RATP pourrait-elle s’inspirer d’exemples à l’étranger et faire appel à un prestataire privé collectant les déchets recyclables tous les jours ? Elle écarte la proposition de la main « pour ne pas augmenter la consommation énergétique et les émissions de CO2 ».

 

La RATP a tout de même mené une expérimentation de tri, dans le 14ème arrondissement, depuis septembre 2010. « C’est un début pour trouver un système de collecte généralisable dans toutes les stations », assure la RATP, qui n’a pas été en mesure de nous expliquer la solution appliquée là. Mais il semble bien qu’aucun remède miracle n’ait été trouvé. La collecte sélective ne se ferait que deux fois par semaine. Les autres jours, les poubelles jaunes sont là encore mélangées avec les autres, si bien que seuls 30% des déchets recyclables sont vraiment collectés dans ces stations.

« La seule solution à grande échelle serait de créer de grands espaces de stockage, où l’on pourrait réunir les déchets de plusieurs stations. On pourrait collecter ces espaces deux fois par semaine et disperser les déchets entre les différents centres de tri », propose Thierry Arnaud, chargé du dossier pour la ville. « C’est une solution que nous étudions activement », assure-t-on à la RATP. Activement, mais sans avancée depuis six ans.